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Idéal féminin et estime de soi

Le 3 avril 2016, 18:39 dans Humeurs 2

Un jour, j’en ai eu marre.

Marre qu’on me dise comment je devais être, ce que je pouvais et ne pouvais pas dire, ce que je pouvais ou ne pouvais pas faire... Bref qui je devais être !

J’en ai eu marre de me voir brandir sous le nez un idéal de magazine affreusement maigre et retouché dans les plus infimes détails (et si j’avais le culot d’émettre la moindre critique, on me qualifiait de jalouse, forcément) ; qu’on me dise que je devrais être parfaitement apprêtée, maquillée, coiffée et épilée 24h/24 et 7j/7 ; qu’on me dise à quoi ma silhouette devrait ressembler, que je devrais m’habiller et me ‘faire belle’ pour plaire (aux hommes).

J’en ai eu marre, un gros ras-le-bol même, et j’ai décidé que j’allais le dire haut et fort, pour qu’on me fiche enfin la paix. Et si cela fait de moi une emmerdeuse aux yeux des autres et de la société, d’un garçon manqué pour certains ou de frustrée sexuelle pour d’autres, ou encore de jalouse et de moche … et bien soit ! Je vous laisse médire, parce que j’ai osé dire que vos idéaux de beauté et critères de féminité que vous souhaitez m’imposer me font suer ! Quand on se refuse à jouer le jeu, on est soit forcément moche et/ou grosse sans espoir de devenir belle, soit frustrée _ parce que, sinon, comment pourrions-nous désirer tourner le dos à ce fantasme de la femme occidentale blonde et blanche, aux jambes interminables, mince à la limite de la maigreur, sportive, jeune et belle de jour comme de nuit, toujours apprêtée en toutes circonstances, et toujours désirable ? On se le demande.

Si je n’ai pas envie de faire de régime, ce n’est pas par manque de volonté. Simplement, je me sens bien comme je suis, et je ne vois aucune raison valable de me priver de nourriture et du plaisir gustatif pour rentrer dans un moule prédéfini, et me sentir sexuellement désirée sur la plage lorsque je pavanerais en bikini (les défilés de mode, même sur la plage, ne sont pas une de mes ambitions secrètes).

Si je n’ai pas envie de porter des tenues moulantes et dénudées (pour montrer le peu de chair encore couverte de tissu), des talons vertigineux (histoire de me ruiner le dos simplement pour allonger mes jambes visuellement et cambrer ma silhouette), de la lingerie peu pratique (histoire d’être certaine d’être sexuellement désirable quelle que soit l’heure ou la circonstance), d’être maquillée et mise en beauté de la tête aux pieds … ce n’est pas que je suis un garçon manqué, ou dû à un laisser-aller. Peut-être que, simplement, je préfère des tenues pratiques (à ma taille qui plus est), me permettant de vaquer à mes occupations sans avoir à risquer de me fouler les chevilles et me trouver les fesses ou les seins à l’air _ tout ceci pour plaire aux regards des hommes, que je les connaisse ou non. Peut-être que je porte ce que j’ai envie de porter, faisant fi de vos avis à tous et de celui de la société, en me fichant de correspondre à vos critères de beauté et de séduction. Ma vie ne se résume pas à plaire et séduire autrui, et je ne le souhaite pas.

Je n’ai pas besoin, pour me sentir femme et donc féminine (terme qui, je vous le rappelle, se rapporte à ce qui est intrinsèquement propre au sexe féminin et non pas modelé par la mode et les sociétés), de me plier à toutes ces règles. Je ne me sens pas moins femme, ni moins moi, pour autant.

J’apprécie de passer plus de temps à lire et vaquer à ce qui me passionne ; plutôt que dépenser mon temps et mon énergie à la recherche vaine de l’idéal féminin irréalisable vendu dans les magazines et les films. Je ne souhaite en aucun cas me cantonner au rôle de physique pur et simple, un corps destiné à la séduction des hommes, à l’assouvissement de leur désirs et fantasmes sexuels. Je ne compte pas procéder à mille et un ajustements, comme me le conseille la société, dans l’espoir d’être enfin ‘validée’ et reconnue. Il y a des choses plus intéressantes et plus importantes, il me semble, que passer des heures à me pomponner et faire du shopping, des heures passées à la quête du corps à la mode _ heures que je pourrais passer plutôt à exercer mon esprit, à apprendre, à créer, à aider autrui, à me réaliser pleinement.

Votre idéal de ce que doit être une femme, qui ne jure pas (cela ne serait réservé qu’aux hommes), qui ne crie pas (une femme sait rester mesurée et maîtresse de ses émotions), qui ne pense pas (quelle horreur, elle pourrait vouloir autre chose que ce qu’on lui a assigné) … cet idéal-là, je vous le laisse. Je suis profondément contre cette aliénation de la femme, contre ce sexisme ordinaire, contre ce partage des rôles selon le sexe.

Les magazines, les publicités ont un rôle non négligeable dans ce processus de chosification de la femme. On nous impose une image de la femme idéale, avec des mensurations précises, un style uniforme, et un mode de vie défini. Avez-vous vu une héroïne Disney pulpeuse, ou une poupée qui ne soit mince ? Les Barbies sont maigres au possible, blondes, maquillées, avec une forte poitrine qui tient d’elle-même (pas de problématique de gravité terrestre dans le monde des jouets), les pieds déjà cambrés pour porter des escarpins. Voilà l’image qu’on nous donne dès notre enfance, nous habituant à imprimer dans notre subconscient cet idéal de beauté féminin. 

Nous devenons petit à petit des femmes soumises aux dictats toujours plus exigeants de la beauté véhiculés par notre société. Il faudrait savoir mener une vie professionnelle et familiale, le tout en étant une femme attirante prenant soin d’elle, au maquillage et à la coiffure toujours impeccables, à la silhouette tonique parfaitement entretenue, aux tenues seyantes et féminines, aux talons vertigineux, et enfin à la lingerie raffinée et audacieuse. Parce qu’on nous vend une idée du sexy, qui serait analogue à celle d’une femme fatale dans une pub ou un film. Mais dans les films, vous noterez que lesdites femmes fatales « naturellement belles sans en avoir conscience » gardent un maquillage et une manucure soignés, et une séduction confondante, même lorsque c’est la fin du monde. Quel prodige ! Faire face à des catastrophes naturelles, à la guerre contre les zombies en escarpins et pantalon en cuir moulant … c’est là notre objectif à toutes, aucun doute !

Comment alors rivaliser avec de tels modèles de perfection ? Je n’ai pas besoin de talons, de mini-jupes, de décolletés vertigineux pour doper ma confiance en moi.

Comment voudriez-vous qu’en une journée de simplement 24h, vous puissiez aller au travail, vous occuper de vos enfants, de votre foyer, de votre conjoint, de vous-même, faire du sport et dormir suffisamment ? Comment pourriez-vous avoir le temps de tout conjuguer, si vous devez passer des heures entières à vous pomponner jusqu’à ressembler enfin à ce qui se rapproche le plus de la perfection exigée par la société _ tout en ayant conscience de ne jamais y parvenir ? Vous partez en effet déjà avec un handicap de taille _ celui de n’être qu’humaine _ et un sentiment d’échec, sachant que jamais vous ne ressemblerez à ces images. Ce qui est somme toute normal, puisque ces images sont retouchées, travaillées et bien loin du modèle original. Les moindres défauts sont gommés grâce à des logiciels informatiques, remodelant les silhouettes, modifiant chaque infime détail ne correspondant pas à l’idée souhaitée.

Qu’en est-il alors de l’image des femmes qui ne ressemblent pas à ces modèles ? Des adolescentes qui découvrent que leur corps n’est pas le reflet de ces publicités ? Le jour où l'on commence à ne plus accepter la personne que l'on est, pour tendre vers un idéal irréalisable, une chimère ?

On devrait plutôt nous apprendre à nous accepter pour ce que nous sommes, nous respecter pour notre personnalité et non pour notre physique. Prendre soin de ce corps qui est le nôtre, respectant ses besoins. Parce que lorsque vous avez causé trop de dégâts à votre enveloppe corporelle, il est trop tard pour y remédier. Lorsque la maladie prend le dessus, lorsque votre corps cesse de suivre votre esprit, que pourrez-vous y faire ?

Pourquoi apprendre aux enfants et aux adultes à détester ce qu’ils sont, à les faire mépriser les faiblesses et les défauts physiques de leurs semblables ? Pourquoi inculquer un tel sentiment de haine et d’autodénigrement à soi-même ?

Nous devrions apprendre aux nôtres à s’aimer, se respecter et respecter les autres. A ne pas se moquer, ni critiquer inlassablement ceux qui dérogent aux dictats de la beauté normée _ lesquels sont subjectifs et indéniablement dangereux.

A-t-on de quoi être fier, lorsqu’on se prête à de tels jeux ? A de telles extrémités ? A-t-on de quoi être fier lorsque l’on cautionne cette image de la femme parfaite inexistante et irréalisable, tout en ayant connaissance des dommages que cela cause en masse ? Quand on voit tant de vies gâchées et impactées par un manque d’estime de soi et d’autodestruction ? Quand on voit les extrémités auxquelles ont recours tant de personnes, pour tenter de s’approcher un tant soit peu de ces chimères, afin d’être acceptées ?

Un nouveau souffle

Le 3 avril 2016, 18:38 dans Humeurs 0

Et puis, un jour, on cesse de courir.

On s’arrête, un instant, pour reprendre son souffle _ laps de temps pendant lequel on regarde autour de soi. Stupéfait de voir comme les choses ont changé, comme le temps a filé, comme la vie semble avoir évolué à notre insu. Nous sommes si pressés de courir, qu’on en oublie d’admirer le chemin que foulent nos pieds machinalement.

Nous n’apprenons pas à honorer la vie ; nous nous voyons enseigner la lutte et le combat, la haine et le pouvoir. Notre existence se réduit à simplement exister, et non pas à vivre.

Et quand arrive l’instant de ce répit, de cette prise de conscience, on peut choisir de continuer ce qui fut notre vie, sans se poser de question ni s’éloigner du chemin tracé ; ou bien nous pouvons faire fi de cette vie, s’ébrouer et partir explorer les voies de traverses. Elles sont bien souvent plus étroites, plus denses, plus laborieuses à pratiquer _ mais si riches en nouveautés et cheminements.

Il n’est alors plus l’heure de courir, de se presser. Il est l’heure de respirer, enfin. Prendre cette grande bouffée d’air, oxygéner son corps et son esprit, et remettre en question le sens de sa propre existence.

Qu’avons-nous fait de notre temps, de nos connaissances, de nos compétences ? Avons-nous été justes, aimants, honnêtes et dignes ? Ou avons-nous laissé notre âme se corrompre, se détourner de ce qui nous rattache à notre humanité ? Vivre, est-ce seulement se résigner à exister, à assouvir ses vils desseins ; ou bien est-ce être profondément et intimement convaincu qu’il est de notre devoir de préserver, d’aider et d’aimer ?

 

Ce jour-là, on ne sait plus rien. On réapprend.

On réapprend à voir, à écouter, à aimer. La vie nous semble si différente, empreinte de nouvelles couleurs, de mélodies harmonieuses, de saveurs luxuriantes. La nature sauvage environnante nous isole de la folie des grandes routes, de la folie des excès. Revenir à la simplicité, réapprendre ce qui semblait acquis depuis si longtemps _ et nous trébuchons souvent en route, pour nous relever toujours.

Un nouveau départ, après un arrêt brutal de notre course effrénée, pour partir en douceur dans des directions opposées. Se réaliser dans la découverte d’une réalité nouvelle, d’une conscience plus aiguë de nos besoins, de nous ; mais aussi de tout ce qui nous entoure. Tout semble plus léger et plus profond à la fois. Parce qu’il existe toute une richesse inhérente à chaque chose, à chacun, à chaque espèce vivante. Mais encore faut-il vouloir les trouver, les comprendre, les honorer. Encore faut-il prendre le temps d’apprécier à sa juste valeur chaque chose dans son essence même.

Vous vous devez d’être fidèle à vous-même, à vos croyances, à vos valeurs. Vous devez à vous-même de réfléchir à chacune de vos décisions passées, chacun de vos choix ; et vous assurer d’être en harmonie avec votre pensée. Parce qu’au final, il ne reste que soi et ses actions, que soi et sa conscience. Et c'est déjà bien assez à méditer.

Rationalité ou émotivité ?

Le 6 janvier 2016, 00:44 dans Humeurs 0

Il est communément pensé que la rationalité exclut la sensibilité. Que le fait d'agir selon toute logique et en adéquation avec la raison, annihilerait vraisemblablement tout ressenti émotionnel.
Je pense au contraire qu'il faut être capable de ressentir profondément chaque infime émotion, quelle qu'elle soit, de façon pleine et entière, afin d'apprécier la sensation dans son essence la plus pure _ avant d'aboutir à un raisonnement dénué de tout état d'âme.
Vous ne pouvez vous prêtez à l'exercice de la rationalité sans avoir préalablement accepté de vous laisser porter par les vagues de l'émotionnel, sans vous être abandonné à la vivacité et à la langueur de chaque instant, sans avoir été remué jusqu'au tréfonds de votre être par les tumultes de la passion. Sans avoir non pas écouté, mais ressenti dans vos tripes une musique ; sans avoir non pas lu, mais vécu intensément un récit ; sans avoir non pas goûté, mais savouré avec délectation un met.
Nos sens ne sont maintenus en éveil que si nous les exerçons, que si nous les laissons exploiter leur pleine potentialité. Ce n'est qu'en connaissant et en vivant pleinement, démesurément, que l'on peut ensuite prétendre au détachement. Parce qu'au fond de soi, le tumulte intérieur qui nourrit notre âme, telle une bête assoiffée, a été nourri de ce qui le fait vibrer.
Notre esprit trouve alors le repos et, apaisé, envisage une moindre mesure. Il se montre réticent à se laisser aller, à la vue de tous, à cet assouvissement jouissif d'énergie émotionnel. Alors, notre esprit nous propose, dénué de toute humanité, une solution froide et logique que nous acceptons par soucis d'équilibre. Parce qu'il faut savoir toujours conserver un équilibre entre passion et raison, au nom de sa sérénité propre et de la lucidité indispensable à notre existence.

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