Et puis, un jour, on cesse de courir.

On s’arrête, un instant, pour reprendre son souffle _ laps de temps pendant lequel on regarde autour de soi. Stupéfait de voir comme les choses ont changé, comme le temps a filé, comme la vie semble avoir évolué à notre insu. Nous sommes si pressés de courir, qu’on en oublie d’admirer le chemin que foulent nos pieds machinalement.

Nous n’apprenons pas à honorer la vie ; nous nous voyons enseigner la lutte et le combat, la haine et le pouvoir. Notre existence se réduit à simplement exister, et non pas à vivre.

Et quand arrive l’instant de ce répit, de cette prise de conscience, on peut choisir de continuer ce qui fut notre vie, sans se poser de question ni s’éloigner du chemin tracé ; ou bien nous pouvons faire fi de cette vie, s’ébrouer et partir explorer les voies de traverses. Elles sont bien souvent plus étroites, plus denses, plus laborieuses à pratiquer _ mais si riches en nouveautés et cheminements.

Il n’est alors plus l’heure de courir, de se presser. Il est l’heure de respirer, enfin. Prendre cette grande bouffée d’air, oxygéner son corps et son esprit, et remettre en question le sens de sa propre existence.

Qu’avons-nous fait de notre temps, de nos connaissances, de nos compétences ? Avons-nous été justes, aimants, honnêtes et dignes ? Ou avons-nous laissé notre âme se corrompre, se détourner de ce qui nous rattache à notre humanité ? Vivre, est-ce seulement se résigner à exister, à assouvir ses vils desseins ; ou bien est-ce être profondément et intimement convaincu qu’il est de notre devoir de préserver, d’aider et d’aimer ?

 

Ce jour-là, on ne sait plus rien. On réapprend.

On réapprend à voir, à écouter, à aimer. La vie nous semble si différente, empreinte de nouvelles couleurs, de mélodies harmonieuses, de saveurs luxuriantes. La nature sauvage environnante nous isole de la folie des grandes routes, de la folie des excès. Revenir à la simplicité, réapprendre ce qui semblait acquis depuis si longtemps _ et nous trébuchons souvent en route, pour nous relever toujours.

Un nouveau départ, après un arrêt brutal de notre course effrénée, pour partir en douceur dans des directions opposées. Se réaliser dans la découverte d’une réalité nouvelle, d’une conscience plus aiguë de nos besoins, de nous ; mais aussi de tout ce qui nous entoure. Tout semble plus léger et plus profond à la fois. Parce qu’il existe toute une richesse inhérente à chaque chose, à chacun, à chaque espèce vivante. Mais encore faut-il vouloir les trouver, les comprendre, les honorer. Encore faut-il prendre le temps d’apprécier à sa juste valeur chaque chose dans son essence même.

Vous vous devez d’être fidèle à vous-même, à vos croyances, à vos valeurs. Vous devez à vous-même de réfléchir à chacune de vos décisions passées, chacun de vos choix ; et vous assurer d’être en harmonie avec votre pensée. Parce qu’au final, il ne reste que soi et ses actions, que soi et sa conscience. Et c'est déjà bien assez à méditer.